Édition : « La grande transformation de l’entreprise »

Travail, sens et compétitivité

par David Chopin, Marc Deluzet, Roger Godino,

préface de François Hollande

Paru en avril 2012, entre les deux tours de la présidentielle.

aux Éditions de l’Atelier

Que devient l’entreprise dans la crise financière, économique et sociale qui secoue l’Europe ? Qu’en est-il de ses finalités à l’heure de la rentabilité immédiate, du mal-être au travail et de la précarisation des emplois ? L’entreprise peut-elle se cantonner à n’être qu’un centre de profit ou peut-elle vraiment assumer ses responsabilités sociales, territoriales et environnementales ?

La grande transformation de l’entreprise , Travail, sens et compétitivité par David Chopin, Marc Deluzet, Roger Godino, préface de François Hollande.

Cet ouvrage analyse d’abord l’évolution du rôle de l’entreprise au sein des différentes formes de capitalismes qui se sont succédé au XXe siècle. À l’aune des trente dernières années, la diffusion progressive du modèle anglo-saxon, centré sur l’intérêt financier à court terme de l’actionnaire, a malmené le sens du travail, limité l’innovation et accentué les inégalités de revenus et de statuts. Loin de se réduire à ce constat, ce livre formule neuf transformations à opérer pour que l’entreprise au XXIe siècle soit une entité qui ait du sens pour ses salariés, ses partenaires, pour le territoire où elle est implantée et pas seulement pour ses actionnaires. Faire ce pari pour la France et pour l’Europe, c’est sortir l’économie de la dictature du court terme et du carcan de la financiarisation pour combiner, dans la durée, la recherche de la compétitivité, le souci écologique et le bien-être social.

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Revue de presse : Lettre ouverte de Jacques Sapir à François Hollande

Dans Marianne

Lire l’article ici  (dans sa totalité sur le site de Marianne)

Extraits :

Dans le cas – très probable selon eux – où François Hollande serait le prochain président de la République, cinq économistes prennent les devants et lui adressent ici une lettre. «Vous continuez de vous placer sur le terrain de votre adversaire […] validant dans les faits les plans de rigueur », accusent-ils. Mauvaise stratégie!

Tout laisse à penser que vous affronterez au second tour de cette élection le président sortant, Nicolas Sarkozy. Dans le même temps, l’abstention monte dans les sondages. Cela vous inquiète à juste titre.

Le choix de millions de Français va se faire entre deux candidats qui ne sont pas ceux auxquels iraient spontanément la sympathie des électeurs, ni nos engagements ou nos convictions. Ceci explique cela.

La situation économique et financière aujourd’hui semble s’être améliorée depuis la tempête de décembre dernier. Mais, cette accalmie n’est que temporaire et conjoncturelle. Déjà, les différents indicateurs passent les uns après les autres au rouge. Les taux se tendent à nouveau sur l’Espagne et l’Italie. La Grèce est au bord du gouffre et le Portugal est dans une situation critique. Quant à la France, elle a retrouvé l’écart de taux d’intérêts avec l’Allemagne qu’elle avait avant la création de l’Euro. Soyez en convaincu, monsieur François Hollande, nous allons connaître de graves problèmes économiques dans les prochains mois. La crise de l’Euro n’est pas finie, bien au contraire.

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(François Hollande – CHAMUSSY/SIPA)

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Les relations entre les États de l’Union européenne, et de la zone Euro, sont régies par les rapports de force. On peut le regretter ; il nous faut le constater.

Si vous voulez imposer dans ce traité des clauses qui soient réellement efficaces et non de pure forme, il faudra les imposer aux gouvernants de plusieurs pays, dont l’Allemagne. Ainsi, on pourrait penser à l’émission d’un grand emprunt de plusieurs centaines de milliards d’Euro – gagé sur l’argent mis en réserve dans le MES – pour relancer la croissance dans les pays qui sont aujourd’hui étranglés par une rigueur assassine (la Grèce, le Portugal et l’Espagne). De même, un programme de grands travaux d’infrastructures, destiné à financer la transition vers une économie respectueuse de l’environnement, réconciliée avec la diversité humaine et naturelle, avec la robustesse des territoires et la résilience des sociétés européennes, s’impose. Ces mesures pourraient faire en sorte que la zone Euro – dont la croissance a été particulièrement faible depuis dix ans – retrouve rapidement le chemin de la prospérité. À chaque fois il vous faudra construire ce rapport de force et construire une crédibilité qui impressionne nos partenaires et ne leur fasse pas douter de la résolution de la France à imposer cette politique. Cette crédibilité, vous ne pourrez la construire que sur la légitimité d’un vote populaire.

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La rentabilité des entreprises françaises au plus bas depuis1985 (article de la Tribune)

REVUE DE PRESSE

La Tribune  

Si les groupes du CAC 40 se portent bien, ce n’est pas le cas pour l’ensemble des entreprises installées en France: leur taux de marge (taux de profit brut) est tombé fin 2011 à son niveau le plus bas depuis 26 ans, selon l’Insee.

par Ivan Best

Quelques extraits :

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Les entreprises françaises (sociétés non financières, pour être précis) ne se portent pas si bien, leur rentabilité se dégrade. Leur taux de marge (excédent brut d’exploitation/valeur ajoutée, correspondant grosso modo à un taux de profit brut avant intérêts et impôts) est tombé à 28,7% au dernier trimestre 2011.

C’est le niveau le plus bas constaté depuis la fin 1985. A l’époque, les sociétés sortaient d’une période de comptes fortement dégradés, sous l’effet du second choc pétrolier : leur taux de marge était tombé à un minimum historique de 22,1% au cours de l’été 1982. Il était remonté progressivement à partir de 1985, grâce au contre-choc pétrolier et à la modération salariale imposée par le gouvernement socialiste à partir de la mi 1982.

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Depuis la fin des années 80, ce taux de marge est, le plus souvent, sensiblement au dessus de 30%. Dans une note parue récemment, l’Institut de l’entreprise souligne la divergence d’évolution entre la rentabilité des entreprises françaises et allemandes. « Sur la période 2000-2008, le taux de marge allemand a progressé pour atteindre 41,7%, tandis que le taux de marge français est demeuré stable à 32,8% » relèvent les experts. Depuis 2008, la rentabilité en France a donc, même sensiblement reculé…  L’Institut de l’entreprise ajoute que « la faiblesse des marges françaises limite le recours à l’autofinancement, et contribue à augmenter la charge financière des entreprises, les rendant par là plus sujettes à un retournement conjoncturel de l’offre de crédit ».

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La dégradation des comptes peut paraître paradoxale, si on la rapproche des super-profits des groupes du CAC 40: certes en baisse, ils ont tout de même atteint 73 milliards d’euros en 2011, soit 3,7% du PIB, et témoignent d’une bonne santé financière de ces entreprises phares de la Bourse. Mais il faut souligner que les grandes entreprises s’en sortent mieux, et que, surtout, il s’agit là, pour l’essentiel -au moins les trois quarts-, de profits réalisés à l’étranger. Ils ne reflètent donc pas l’état des entreprises opérant dans  l’Hexagone. L’excédent brut d’exploitation de toutes les sociétés en activité en France, considérées globalement, s’est établi  à 73 milliards au cours du dernier trimestre 2011, et 293 milliards sur l’ensemble de 2011, selon les calculs des statisticiens de l’Insee.

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Voilà pourquoi François Hollande veut créer une banque publique d’investisement, et baisser le taux d’imposition des profits des PME, dont les comptes sont les plus dégradés, en regard de ceux des grandes entreprises. Celles-ci, au contraire, paieraient plus d’impôt sur leurs bénéfices.

Retrouvez l’article dans sa totalité ici…

Un contrat avec les entreprises : créer le cadre d’une nouvelle croissance

par Emile Domski et Marc Dupuis

Les 60 engagements du programme de François Hollande supposent qu’un contrat soit passé entre les entreprises, l’Etat et les régions, afin de créer le cadre d’une nouvelle croissance dans notre pays. Ce contrat vise à débloquer les freins qui pèsent sur le développement d’un tissu industriel compétitif en Europe et dans le monde. Après avoir identifié ces freins nous proposons de donner un contenu à un tel contrat à partir de trois axes prioritaires : le lancement d’entreprises viables et porteuses d’avenir, le développement d’un tissu de PME et ETI exportatrices, la démocratisation des grandes entreprises.

Téléchargez la note.

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