Entreprises innovantes : Le livre blanc du Comité Richelieu pour 2012 par Marc Dupuis

Crée en 1989, le Comité Richelieu est une organisation et composée exclusivement de PME innovantes. Il regroupe  306 PME adhérentes et 4027 PME associées comptant  100 000 collaborateurs. En publiant son livre blanc 2012, le comité souhaite influer sur les programmes des candidats à la présidentielle » de droite comme de gauche »

Le livre blanc présente dix propositions pour » faire de nos PME innovantes des champions internationaux au service de la croissance et de l’emploi »Ces 10  propositions sont organisées autour de 3 axes majeurs :

  1. Restructurer l’ensemble du système d’innovation français autour de la notion d’Entreprises d’Innovation et de Croissance (EIC) pour le rendre plus efficace.
  2. Renforcer le financement des entreprises innovantes, en développant le capital-investissement et les investissements privés directs jusqu’à dépasser 5 milliards d’euros par an. Ce financement permettrait  une très forte accélération du processus d’innovation.
  3. Faciliter l’accès à la commande publique et privée pour les EIC afin de favoriser leur intégration et leur développement dans le tissu économique et permettre à la France de disposer d’ETI compétitives au niveau mondial et favoriser l’éclosion de nouveaux champions.

L’entreprise innovante (ETI, PME, TPE)  est définie par le Comité  comme des entreprises ou groupes indépendants de moins de 5000 employés soumise à l’impôt sur les sociétés ou ayant un statut d’économie sociale qui fondent 50% de leur activité sur l’exploitation d’un brevet ou d’un savoir faire brevetable dans un pays de l’OCDE , la notion d’innovation étant étendue au  business model innovant ( innovation économique), sont prises en compte également les PME de croissance ( Gazelles ).

Le Comité  propose à cet effet la création d’un nouveau statut d’entreprise d’innovation et de croissance fusionnant  les dispositifs existant  jeunes entreprises innovantes ( JEI ) et Gazelle au sein duquel les entreprises et  s ’engagent dans la durée dans un cadre d’obligations réciproques.

Nous aurons l’occasion de revenir sur cette contribution intéressante au débat sur la présidentielle et l’entreprise.

Portrait du futur chargeur électrique mondial

 

Par Daniel Huchette (D&E)

Daniel HuchetteLes révolutions se concrétisent vraiment lorsqu’elles arrivent dans la vie quotidienne.  Plus encore lorsque tout le monde se met d’accord pour fabriquer une norme universelle.Nous savons maintenant que la voiture électrique va pouvoir rouler, que l’on va pouvoir se doter d’une infrastructure parce que le diable qui se loge dans les détails vient d’être éjecté au profit d’un truc intelligent qui permet aux électrons de faire le plein de la batterie et d’afficher le prix à payer sur le chargeur .

                        Publié par GreenUnivers                

chargeur-EV4-300x211La Société mondiale de l’ingénierie automobile (Society of Automotive Engineers – SAE) devrait voter dans quelques jours une norme mondiale pour les chargeurs de voitures électriques : il s’agira d’un chargeur à 5 plots, qui protège l’utilisateur de tout contact avec le courant, et qui pourra être branché sur de banales prises de courant 110 v ou 220 v. La SAE, qui élabore les normes de l’automobile et de l’aviation avec des entreprises et experts de plus de 97 pays, planche depuis deux ans et demi sur une norme baptisée J1772, qui normalisera les prises et les câbles des futurs chargeurs. La norme devrait ensuite être publiée dans 10 semaines et tous  les industriels – constructeurs auto, fabricants de bornes de recharge – devraient l’adopter.C’est une étape clé, car cela permettra à n’importe quelle voiture électrique d’utiliser n’importe quelle borne de recharge, où qu’elle soit. Exactement comme sont normalisés dans le monde les distributeurs d’essence.Le nouveau chargeur fonctionnera sur des prises de 110 v ou 220 v (sachant que charger une voiture sur une prise à 110 prend environ 8 heures, contre 3 heures pour une prise en 220 v). Robuste, son design a été élaboré par la société Yazaki. Il permettra une charge de 16,8kW jusqu’à 70 ampères.

La prise aura 4,3 cm de diamètre, 5 plots et permettra des échanges de données via le courantchargeur-EV5-300x287 électrique pour identifier le véhicule et contrôler le chargement. Il pourra supporter 10.000 connexions-déconnexions, et braver toutes les intempéries. Sa durée de vie attendrait donc 13 ans à raison de 2 branchements par jour.La norme s’appliquera aussi aux chargeurs rapides sur lesquels planchent de nombreux industriels, qui permettront des recharges 10 fois plus rapides, voire 50 fois – mais que toutes les batteries ne pourront pas supporter.

Des prises et chargeurs dans les voitures

C’est une responsable de General Motors qui a annoncé dans un chat du site web de GM l’imminente adoption de cette nouvelle norme : Britta Gross, directrice de la division Global Energy Systems de GM. Elle a expliqué que la future Chevrolet Volt électrique de General Motors sera vendue avec un chargeur – un peu comme un ordinateur —  et que « si vous trouvez une prise, vous pouvez la recharger ». Elle a expliqué que tous les constructeurs équiperont leurs voitures électriques de prises et chargeurs compatibles.« Gery Kissel de GM préside le comité de la norme J1772. Un vote aura lieu cette semaine et tous les grands constructeurs devraient l’approuver et y adhérer. Toutes les infrastructures désormais devraient être compatibles avec la norme J1772, de sorte que tous les véhicules électriques pourront les utiliser », a-t-elle expliqué.

Pour ceux qui voudront acheter une station de recharge rapide pour leur propre garage, leur choix pourra donc se faire sur d’autres critères, par exemple l’ « intelligence » du chargeur — sa capacité à choisir les heures creuses, programmer les recharges, etc.

Laisser vivre l’innovation et surtout l’accompagner

Par Toussaint Carrindo (D&E)

Thierry-PerranDans le contexte de mondialisation de l’économie, la France a de sérieux atouts à faire valoir comme par exemple sa main d’œuvre hautement qualifiée, ses infrastructures, qui ont été reconnues à maintes reprises par la biais de notre dizaine de prix de Nobel et de Medal Fields. La France possède également une grande industrie, avec nombre de leaders mondiaux dans des secteurs clés, mais pourtant la transmission de relais au niveau de la recherche appliquée se fait mal entre le monde universitaire et la monde industriel. La recherche appliquée est le maillon qui permet de transformer une découverte de laboratoire en découverte réalisable avec des machines industrielles relativement classiques pour avoir in fine des applications produits ou procédés concrètes.

Bien souvent, c’est à niveau là que se situent les exploits car la technique est rarement la « simple application » des sciences. C’est également à ce stade que sur une idée des emplois se créent et des PME innovantes, agiles etap104s3072_1 réactives naissent. L’Etat dans son rôle d’architecte peut assurément construire les conditions favorisant la genèse de l’innovation, son application et son développement. En effet, l’expérience montre que les forts échanges entre personnes d’origine et de cursus différents stimulent la créativité et diminue les temps de développement des applications. Il est bien plus efficace de travailler ensemble dès les premiers stades de développement pour solutionner dès le début les surprises inattendues qui finissent toujours par arriver.

A ce titre, je reste convaincu que les pôles de compétitivité en région vont contre le train de l’innovation. Qui se ressemble ne doit pas s’assembler, sous peine de forte déconvenue. Par exemple, les meilleurs organes mécaniques, développés d’un coté, assemblés aux meilleurs composants électroniques développés d’un autre coté donnent de jolis fiascos. Sans forcément en avoir les compétences, l’Etat peut agir pour lutter contre ses gâchis, en imposant la localisation géographique en des points précis de laboratoires avec des compétences disjointes. La notion de distance est très importante pour décupler les échanges. Il faut qu’on puisse aller d’un laboratoire à un autre à pied au à vélo, à l’image des grands campus américains comme Berkeley. Au lieu de suivre une stratégie de pole de compétitivité, il faudrait construire des centres multidisciplinaires, copiant les lois de la nature basée sur le principe que le « tout » est dans la partie.

Ensuite, il faut chercher à rentabiliser ces petits « tout » technologiques répartis sur le territoire. A de très rares exceptions, les entrepreneurs potentiels n’ont jamais à la fois un profil de technicien, de gestionnaire et de commercial. Alors, pour palier à cela, il faudrait greffer à ces « tout » des organismes (incubateurs souhaitables..) et/ou des sociétés de conseil (ma préférence pour une approche plus dynamique), qui auraient plusieurs missions :

– Communiquer sur les activités du « tout » auprès des entreprises locales voire nationales pour inciter des collaborations (organisation de conférences locales souhaitables)

– Encourager les brillants techniciens à valoriser leur innovation en les accompagnant jusqu’à la levée de fonds (validation de business plan, analyse concurrentielle poussée, étude de marché internationale, positionnement etc…)

– Lever des fonds des organismes publics (Oseo idéalement) voire des investisseurs privés (private equity, etc…)

Avec ce dispositif, on saura précisément où vont les deniers publics consacrés à la recherche et à sa valorisation. D’un point de vue ressources humaines, on obtiendra enfin une saine et claire répartition des tâches, ce qui éviterait un certain de nombre de doublons et de gâchis. Pour réaliser tout cela, l’Etat devra utiliser un certain nombre de compétences qu’Il n’a pas et donc faire appel au privé assez massivement, ce qui risque de brusquer les mentalités. Il faut en effet être capable de reconnaitre un bon projet et d’écarter les mauvais. Cela souligne également un peu plus la nécessité de mettre en place des passerelles réversibles entre le public et le privé au niveau de la recherche. Ces cloisons étanches doivent être abattues. Un enseignant doit pouvoir aller dans le secteur privé et retourner dans l’enseignement par la suite s’il en éprouve le désir. La réciproque est aussi valable pour les cadres du privé. In fine, les accompagnements se feront mieux si les gens se connaissent.

Dernier point important, ce dispositif sous-entend clairement que l’Etat laisse vivre ses « tout » locaux, et les laisse mener leur barque vers où il leur semble bon d’aller. La tolérance vis-à-vis d’un pilotage stratégique de la recherche serait faible voire nulle. Après tout, personne ne sait où la créativité va nous embarquer. Donc il faudra allouer à ces « tout » des budgets sur plusieurs années, le temps de voir si la mayonnaise a pris.

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