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La cour des comptes épingle l’opacité de la filière nucléaire

Dans un rapport à paraître le 31 janvier, la Cour des comptes s’interroge sur les coûts de la filière nucléaire française. D’après une version non définitive évoquée par La Tribune, la Cour évoque le montant des investissements consacrés depuis l’origine du programme, il y a cinquante ans (227,8 milliards d’euros), dont 96 milliards pour la construction du parc nucléaire (soit 1,5 milliard d’euros par mégawatt installé, contre 3,7 milliards le mégawatt pour l’EPR, souligne la Cour).Ce rapport se penche aussi sur les investissements qu’il faudra réaliser pour le démantèlement et la gestion des déchets. Les charges liées au démantèlement sont estimées à 22,2 milliards d’euros, indique La Tribune. La Cour des comptes rappelle que les devis ont tendance à déraper et que les comparaisons internationales (60 milliards d’euros pour le démantèlement de 11 centrales britanniques) donnent des résultats supérieurs à ceux envisagés par EDF. La cour demande à l’opérateur de changer sa méthode de calcul des provisions à réaliser pour le démantèlement. Le quotidien rappelle que « les réacteurs précédemment stoppés appartenaient à une autre technique (graphite-gaz), les méthodes ne sont donc pas comparables. Les coûts non plus ». Quant au montant des provisions à réaliser pour la gestion des déchets, il est passé de 15 à 35 milliards d’euros.

TVA sociale une majorité de Français plutôt opposés 

55% des Français sont opposés à la TVA sociale contre 43% qui y sont favorables selon une enquête Challenge/BVA/ BFM Radio.

Cette mesure est très clivante entre la gauche et droite , elle est en effet rejetée par 73% des sympathisants de gauche et approuvée par 72% des électeurs de droite.

54% des français contre la suppression des 35 heures ( Blog)

Selon une enquête exclusive BVA-BFM-Challenges-Avanquest réalisée les 7 et 8 janvier dernier auprès d’un échantillon représentatif de 1003 personnes, les Français y restent attachés. A la question « certains pensent que pour améliorer la compétitivité de la France il faudrait supprimer les 35 heures; vous personnellement, êtes-vous d’accord ou pas avec cette opinion? », ils ne sont que 34% à répondre positivement (54% ne sont pas d’accord, et 12% de savent pas). La question est très clivante politiquement. Les électeurs de droite sont 62% à être pour la suppression des 35 heures, alors que ceux de gauche sont 77% a être contre.

Les salariés français à temps plein travaillent moins mais ils ont une meilleure productivité 
1 679 heures : c’est la durée moyenne de travail à temps plein d’un salarié français en 2010, selon une étude de l’institut économique français COE-Rexecode, publiée mercredi 11 janvier. C’est la plus faible de l’Union européenne, selon cette enquête qui se base sur des données comparables fournies par Eurostat, selon cette étude  les salariés français ont travaillé 225
Cependant, l’enquête « élimine ceux n’ayant pas du tout travaillé (congé, maladie..) », signalent et ne prend en compte que les heures effectuée par les salariés à temps plein. Or les salariés à temps partiel sont plus nombreux en Allemagne. Dans le même sens, les travailleurs indépendants français ont, eux, une durée moyenne de travail parmi les plus importantes d’Europe des 27 avec l’Allemagne et l’Autriche, note par ailleurs COE-Rexecode.
En refaisant un calcul basé sur les données individuelles de chaque pays fournies par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), « les Français ont travaillé en moyenne 1 562 heures en 2010, plus que les Allemands (1419 heures) et moins que les Britanniques (1 647 heures) ».
Les Français restent néanmoins plus productifs que les Allemands. Selon Eurostat, « la productivité horaire est de 133,5 en France (sur une base 100 = moyenne européenne) contre 123,9 en Allemagne », note L’Expansion.

Nucléaire en France : imaginer l’impensable

Par Camille Saïsset (Actu-environnement)

Dans un contexte de crise nucléaire encore en cours au Japon, un séminaire international sur la gestion post-accident nucléaire vient d’être organisé en France. Un événement prévu bien avant cette catastrophe, dont le maintien permet quelques acquis.

Huit semaines après la catastrophe de Fukushima, près de 300 personnes se sont rassemblées à l’Assemblée nationale les 5 et 6 mai pour le second séminaire international consacré à la gestion post-accident nucléaire organisé par l’ASN. Pour l’OPECST, la première matinée fut l’occasion de procéder à des auditions dans le cadre de l’étude dont il a été saisi après cette catastrophe, portant sur la sécurité nucléaire, la place de la filière et son avenir, et confiée aux rapporteurs attitrés Christian Bataille et Bruno Sido

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Nucléaire et cleantech, nucléaire ou cleantech ?

Par David Dornbush (D&E)

Face à l’inquiétude suscitée par la terrible catastrophe de la centrale nucléaire de Fukushima au Japon, David Dornbusch – Président de Cleantuesday – revient sur les liaisons conflictuelles entre nucléaire et Cleantech.

Le nucléaire fait-il partie des cleantech au titre des systèmes énergétiques sans émission de CO2 ? C’est, on le sait, le « business plan » d’Areva qui s’est positionné, un peu artificiellement, sur le créneau de l’énergie décarbonée, même si le ratio entre les activités directement liées au nucléaire et celles liées aux énergies renouvelables rend l’ensemble peu crédible.

La tendance est plutôt à exclure le nucléaire du champ des Cleantech

Il existe bien entendu une « mauvaise raison » à cela : la proximité des milieux actifs dans les cleantech avec les cercles écologistes pour lesquels le nucléaire est le diable absolu. Les quelques « repentis », comme le statisticien danois Bjorn Lomborg sont ainsi traités comme des parias. Il existe surtout une bonne raison qui renvoie à la physique profonde des systèmes. L’ensemble des technologies cleantech est liée directement ou indirectement à l’énergie déposée par le soleil à la surface de la Terre, énergie de faible intensité, d’immense extension et « facilement contrôlable ». La source d’énergie du nucléaire qui touche aux mécanismes les plus profonds de la matière est à l’inverse ultra concentrée, excessivement intense et on mesure ces jours-ci sa maîtrise toujours difficile. De ces différences structurelles découlent des différences conceptuelles et des cultures technologiques différentes. Lire la suite

Le nucléaire a une trop longue vie et nous, une mémoire trop courte

Par Vincent Paes (Economie & Société)

Depuis la catastrophe japonaise, de nombreux pays s’interrogent sur la poursuite du développement de l’énergie nucléaire.

En Europe, de nombreux pays ont lancé des débats sur une éventuelle sortie à long terme de ce type d’énergie. L’Allemagne a décrété un moratoire sur la question tandis que la Chine a momentanément gelé ses projets nucléaires.

Une tendance qui pèse lourd sur le secteur. Les investisseurs s’interrogent sur la capacité de la filière nucléaire à se relever de ce terrible événement. Au niveau mondial, la capitalisation boursière de l’indice WNA Nuclear Energy Index, qui contient 65 valeurs liées au secteur du nucléaire, s’est effondrée de 92 milliards de dollars. Actuellement, elle atteint une somme de 850 milliards de dollars. Lire la suite

Energies renouvelables : La France cumule les obstacles.

Par Sophie Fabrégat

Dans un rapport sur les EnR en Europe, le Pew Charitable Trust ausculte la stratégie française. Le diagnostic est sans appel : le pays cumule les obstacles politiques et administratifs auxquels s’ajoute une prédominance du nucléaire peu stimulante.

 »Les pays qui souhaitent maximiser les investissements privés, stimuler la création d’emplois, dynamiser la production et saisir les opportunités d’exportation devraient renforcer leurs politiques en matière d’énergie propre », analyse Phyllis Cuttino, directrice du programme Climat et Énergie de PewCharitable Trusts qui vient de publier un rapport sur le secteur des énergies propres.

Alors que le gouvernement français semble freiner des quatre fers tant dans le photovoltaïque que dans l’ éolien, le rapport sonne comme un rappel ! Il souligne que  »là où des politiques de soutien au développement des énergies propres sont adoptées, les investissements suivent », ou encore que  »la croissance du secteur des énergies propres crée des emplois tout le long de la chaîne d’approvisionnement – depuis l’ingénierie jusqu’au transport – »

La prédominance du nucléaire freine les ambitions…

Selon ce think tank américain, la prédominance du nucléaire dans la production électrique nationale explique que  »la France laisse moins de place à la croissance au secteur des énergies renouvelables ». Cette situation freine les investissements qui, même dans le cadre d’une politique renforcée, ne devraient pas augmenter de plus de 50 %.

Si la fermeture de certaines centrales thermiques devrait laisser   »quelques possibilités de croissance aux énergies renouvelables »,  »toute capacité d’énergie nucléaire qui ferme sera probablement remplacée par davantage de nucléaire »… L’énergie éolienne pourrait toutefois tirer son épingle du jeu, en attirant 5 des 6,3 milliards de dollars de financement d’actifs dans les énergies renouvelables en France.

… tout comme les obstacles politiques et administratifs Lire la suite

Obama relance officiellement la filière du nucléaire

Le président américain Barack Obama, a annoncé la semaine dernière, le lancement de la construction des premiers réacteurs nucléaires américains depuis près de 30 ans pour un budget de plusieurs milliards de dollars.

« Nous annonçons environ 8 milliards de dollars en garanties de prêts pour entamer la construction de la première centrale nucléaire dans notre pays depuis près de 30 ans« , a déclaré M. Obama à Lanham (Maryland, est).

Les 8,33 milliards de dollars permettront de construire et d’exploiter deux nouveaux réacteurs dans l’installation existante de Burke, en Géorgie. Les deux nouveaux réacteurs nucléaires de 1.100 mégawatts seront de type « Westinghouse AP1000 » et viendront compléter les deux unités déjà présentes dans la centrale. Selon les projections de l’industrie, le projet créera localement environ 3 500 emplois. Une fois que les réacteurs nucléaires deviendront opérationnelles, le projet créera 800 emplois permanents.

« C’est une mesure significative prise par l’administration Obama pour relancer notre industrie nucléaire nationale, en aidant à créer des emplois à long terme et de réduire nos émissions de gaz à effet de serre« , a déclaré Steven Chu, secrétaire à l’Energie.

Les besoins en électricité de la Géorgie devraient augmenter d’environ 30 % au cours des 15 prochaines années. Lorsque les nouveaux réacteurs nucléaires seront mis en service, ils fourniront de l’électricité de base capable d’alimenter environ 550 000 résidences, soit 1,4 millions de personnes.

Par rapport à une centrale au charbon de taille similaire, les nouvelles unités de Vogtle permettront d’éviter d’importantes émissions de gaz à effet de serre chaque année : 16 millions de tonnes de dioxyde de carbone, 3.900 tonnes d’oxydes d’azote, et 5.500 tonnes de dioxyde de soufre.

Ce dispositif s’appuie sur une loi de 2005, promulguée par George W. Bush, qui autorise le département de l’Energie à garantir des prêts pour des projets privés réduisant les gaz à effet de serre. Le projet de loi budgétaire pour 2011 présenté début février par M. Obama au Congrès évoque un triplement du fonds de garantie pour construire des centrales, à plus de 54 milliards de dollars.

Les réacteurs américains ne fournissent plus aujourd’hui au pays que 20% de ses besoins en électricité.
Les professionnels estiment qu’il faudra construire 35 nouveaux réacteurs pour maintenir cette part de 20% d’électricité d’origine nucléaire, ce qui représente un investissement de quelque 280 milliards de dollars.

Le nucléaire met la pression sur Copenhague !

le lobby nucléaire fait pression pour que cette énergie soit considérée, à l’issue du sommet de Copenhague, comme une solution au réchauffement climatique, selon un rapport publié par le réseau Sortir du Nucléaire. Une option qui séduit de plus en plus de pays, jusqu’alors opposés à son développement.

– Les chefs d’Etat et représentants de 192 pays sont réunis à Copenhague du 7 au 18 décembre, à l’occasion du sommet des Nations Unies sur le climat. La conférence doit déboucher sur la signature d’un accord prévoyant une réduction des émissions de gaz à effet de serre pour lutter contre le changement climatique.

– Contrairement aux énergies renouvelables et aux économies d’énergie, le nucléaire est exclu des mécanismes financiers instaurés dans le cadre du Protocole de Kyoto, qui permettent aux pays développés de bénéficier de crédits d’émission s’ils développent des projets hors de leurs frontières. La déclaration finale de la Conférence des Nations Unies sur le Climat de Marrakech, en 2001, précise ainsi que les pays industrialisés « doivent s’abstenir d’utiliser des unités de réduction des émissions générées par des installations nucléaires.« 

L’enjeu

L’un des grands enjeux du sommet de Copenhague est justement la réforme de ces mécanismes financiers et la possibilité de les ouvrir au nucléaire. Une option qui séduit de plus en plus de pays depuis quelques mois : « Le rapport de force a plutôt évolué en faveur du nucléaire » constate Charlotte Mijeon, chargée des Relations Internationales au réseau Sortir du Nucléaire.

Un constat partagé par Laurent Corbier, directeur adjoint du développement durable chez Areva : « De plus en plus de pays comprennent qu’ils ont intérêt à réexaminer l’ensemble du mix énergétique pour trouver les moyens de « décarboner » leur économie.« 

Le camp des partisans du nucléaire comprend notamment le Japon, l’Inde, la Russie, la Chine, qui a déjà attiré la moitié des projets de « mécanismes de développement propres » (MDP) mis en œuvre à ce jour, ainsi que l’Australie et le Canada, premiers exportateurs mondiaux d’uranium.

Surtout, des pays jusqu’alors prudents sur le développement du nucléaire, comme le Brésil ou l’Afrique du Sud, « prévoient d’étendre leurs programmes nucléaires engagés dans les années 80, mais à petite échelle et sans développement depuis au moins une décennie« , d’après le rapport du réseau Sortir du Nucléaire.

– Que veut la France ?

La crise climatique peut être une véritable opportunité de développement pour les entreprises nucléaires nationales. Mais la France n’a pas pris position officiellement pour une inclusion du nucléaire dans les mécanismes de lutte contre le changement climatique, car elle négocie au sein de l’Union européenne, qui maintient sa neutralité sur cette question sensible.

« Il faut distinguer les positions officielles des pressions officieuses » note cependant Charlotte Mijeon, du réseau Sortir du Nucléaire. « La nomination fin novembre de Fode Sylla (chargé de mission pour le développement en Afrique d’Areva depuis 2007) comme négociateur avec les pays africains sur le climat montre bien qu’il y a anguille sous roche.« 

L’intérêt pour le nucléaire de pays jusqu’alors réfractaires à son développement (Pays-Bas, Italie, Belgique) pourrait cependant faire évoluer rapidement la position de l’UE.

– Que veulent les industriels du nucléaire ?

« Le monde a besoin d’énergies sans CO2. Nucléaire et renouvelable : même combat et complémentarité évidente » a déclaré lundi 7 septembre Anne Lauvergeon, PDG d’Areva, sur l’antenne de France Info.

L’entreprise milite pour que le sommet de Copenhague ne débouche pas sur un accord excluant l’énergie nucléaire de la liste des outils de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre : « Notre priorité, c’est qu’il n’y ait pas d’exclusion du nucléaire à l’issue du sommet. La demande énergétique sera très forte dans les années à venir, notamment dans les pays émergents. Dire à Copenhague qu’on va exclure telle ou telle option technologique n’aurait aucun sens » assure Laurent Corbier.

– Que dit le GIEC sur le nucléaire ?

Le dernier rapport du Groupe d’Experts International sur le Climat (GIEC), publié en 2007, considère le nucléaire comme l’une des technologies pouvant permettre de réduire les émissions de gaz à effet de serre, au même titre que les énergies renouvelables ou le stockage du carbone.

Mais le réseau Sortir du Nucléaire souligne dans son rapport les précautions prises par les chercheurs du GIEC, qui parlent de « la sécurité, la prolifération des armements et des déchets » comme des « contraintes liées à l’énergie nucléaire. » Le GIEC souligne également que « le refroidissement des centrales conventionnelles et nucléaires peut devenir problématique si l’eau des rivières se réchauffe.« 

– Que veulent les pays africains ?

La position des pays africains sur la question nucléaire est, de l’aveu même du réseau Sortir du nucléaire, « très ambigüe« . En octobre, à Bangkok, lors des négociations préparatoires au sommet de Copenhague, plusieurs pays du « groupe Afrique » ont en effet émis le souhait de voir le nucléaire inclus dans les plans de réduction des émissions des pays en développement (NAMA’s).

« Les pays africains n’ont pourtant aucun intérêt à développer le nucléaire : ils sont trop pauvres pour entretenir une filière, n’ont pas de réseau électrique adapté et subissent de vraies contraintes climatiques » estime Charlotte Mijeon. Du côté d’Areva, on considère également « qu’un certain nombre de conditions doivent être respectées » pour développer une filière nucléaire, comme la formation de techniciens ou la mise en place d’une autorité de sûreté.

Pour le réseau Sortir du Nucléaire, l’argument climatique ne suffit pas à expliquer la volonté des pays africains de développer le nucléaire. « Pour en avoir parlé avec un ministre nigérien, on sent que le nucléaire est perçu comme un symbole du développement et que beaucoup de dirigeants ont l’impression que les énergies renouvelables sont des solutions pour les pauvres » regrette Charlotte Mijeon, qui prévoit de « mobiliser à Copenhague l’ensemble des pays anti-nucléaires, notamment l’alliance des petits Etats insulaires qui ont vécu les essais nucléaires » pour empêcher que le sommet sur le climat n’ouvre la voie au développement du nucléaire.

Par Blaise Mao (Géo)

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