La Russie, l’Inde, la Chine : Le triangle stratégique…

Par En Jincheng Yu (Xinhua)

La Russie, l’Inde et la Chine poursuivent des objectifs communs dans leurs politiques internationales et le développement économique.

Dans ce qui est la dernière étape de la coopération trilatérale dans une variété de domaines, le ministres des Affaires étrangères de la Chine, la Russie et l’Inde se sont réunis pour deux jours la semaine dernière à Wuhan, capitale de la province du Hubei central. Dixième du genre, la réunion a démontré l’approfondissement des liens trilatéraux entre Pékin, Moscou et New Delhi.

En raison de l’influence croissante de ces trois pays dans les affaires régionales et mondiales, la coopération ouvre des perspectives pour un développement accru. Lire la suite

JO de Sochi 2014 : les signaux sur les engagements  »verts » virent au rouge

Par Sophie Fabrégat

Sur le papier, le comité d’organisation des jeux olympiques de Sochi 2014 affiche des intentions résolument vertes mais le doute n’a pas tardé à s’installer quant à la véritable prise en compte de l’environnement par les organisateurs.


Après le retrait des ONG environnementales jugeant que leur avis n’était pas pris en compte et un rapport du PNUE pointant la lenteur des autorités russes à mettre en place des mesures propres à protéger l’environnement, c’est au tour de la Cour des comptes russe d’accabler le comité d’organisation des jeux olympiques de Sochi 2014.
Cette station balnéaire de la mer Noire ferait face à un grave problème de gestion des déchets, rapporte l’édition du 7 septembre dernier du quotidien Vedomosti. Aucune décharge légale n’existe dans cette ville de la mer Noire et la plupart des égouts se déversent dans la mer sans avoir été traités.
L’organisation de jeux olympiques dans cette région, déjà soumise aux pressions de l’industrie touristique (un million de visiteurs chaque année pour 400.000 habitants), devrait aggraver le problème. La future ville olympique va générer quelque 817.000 tonnes de débris de construction d’ici 2013, auxquels s’ajoutent les millions de tonnes de déchets ménagers qui posent déjà problème, note le rapport. Le président de la Cour des comptes aurait écrit au Premier ministre Vladimir Poutine, recommandant des mesures pour que les ordures soient évacuées de Sochi et retraitées ailleurs.
Si le comité d’organisation des JO n’est qu’indirectement pointé du doigt, celui-ci demeure néanmoins au centre des attentes. D’emblée les organisateurs de ces premiers jeux d’hiver en Russie ont affiché la couleur verte, mais celle-ci semble virer au rouge au fur et à mesure de l’avancement des travaux…
Pourtant, en octobre 2009, le Comité international olympique (CIO) indiquait que  »relevant les défis de développement durable, Sochi 2014 a développé une stratégie écologique et un Plan fonctionnel incorporant des normes vertes dans le développement des sites Olympiques, l’utilisation de sources d’énergie alternatives, la neutralité carbone et [ironie !] zéro déchets ».

Abandon de certains projets sous la pression du PNUE

Selon le CIO,  »les Jeux s’articuleront autour de deux noyaux : un noyau côtier pour les épreuves des sports de glace à Sochi et un noyau de montagne à Krasnaya Polyana. Ce schéma fera de cette édition l’une des plus compactes de l’histoire des Jeux, avec près de 30 minutes de temps de trajet entre chacun des deux noyaux ».
Le  »noyau montagne » a été dénoncé pendant des mois par les associations de protection de l’environnement. La piste de bobsleigh et le village olympique de montagne étaient en effet prévus sur une zone limitrophe à la réserve nationale du Caucase de l’ouest, une biosphère subtropicale classée par l’Unesco au Patrimoine mondial de l’humanité en 1999, comme  »l’une des rares grandes régions de montagne d’Europe qui n’ait pas subi d’importants impacts humains ».
Il aura fallu attendre un rapport critique du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), consultant du CIO pour les questions environnementales, pour que le Comité d’organisation recule. Publié le 16 mars, ce rapport, après qu’une mission s’est rendu sur place fin janvier, regrettait que  »la mise en oeuvre de décisions prises au niveau politique, afin de réduire et de compenser l’impact des projets olympiques et touristiques, prenne trop de temps ».
Réponse d’Eduard Mercey, un des responsables du département des relations extérieures de la ville de Sochi, lors de la venue de la délégation russe au Marché international des professionnels de l’immobilier à Cannes :  »les Jeux olympiques d’hiver de 2014 créent beaucoup d’emplois avec l’apparition de nouvelles infrastructures, notamment routières. C’est le plus important ». Le ton est donné ! Peu de temps après cependant, Vladimir Poutine a exigé une délocalisation de trois projets du  »noyau montagne ».

Un plan de gestion des déchets ambitieux sur le papier

Interrogé sur le rapport de la cour des comptes russe, via son attachée de presse, le comité d’organisation des JO renvoie à son plan environnemental  »visant à la fois à protéger l’environnement, à valoriser les ressources naturelles de la région, et à sensibiliser la population de tout le pays aux questions environnementales ». Tout un programme ! Et de rappeler les actions engagées :  »déjà 50 % des organisations impliquées dans la construction des sites Olympiques appliquent le système de gestion des risques environnementaux et sont certifiées ISO 14001, 10 sites Olympiques certifiés en conformité avec les standards « verts » internationaux LEED (système nord-américain de standardisation de bâtiments à haute qualité environnementale) et BREEAM (équivalent de la certification française haute qualité environnementale), des dispositifs de protection des rives mis en place sur une longueur de 3,5 km de la rivière de Mzymta, limitation de l’exploitation des rivières du bassin de la Mer Noire, 13 sites Olympiques disposent de systèmes autonomes d’alimentation en eau, 6% de zones naturelles protégées en plus par rapport à 2006, réduction d’un tiers de fuites d’eau par rapport à l’année 2007 grâce à la rénovation du réseau de canalisation… ».
Sur le plan des déchets, le comité affirme agir également via la mise en œuvre d’un  »nouveau système de transport et de recyclage des déchets à Sochi, de matériel et véhicules spéciaux pour la collecte, le transport et le stockage des déchets dans des déchetteries, d’une déchetterie pour un stockage sécurisé des déchets ménagers dans la confluence des rivières Boo et Kobza, d’une usine d’incinération et de la valorisation du tri, du recyclage et de la réutilisation des déchets… ».
Un rapport sur la durabilité des jeux de Sochi pour 2007-2008, a été publié en juin 2010, selon le modèle du Global reporting initiative (GRI), un référentiel mis à disposition des organisateurs d’événements et soutenu par le CIO. Celui-ci dresse un état des lieux de la gestion des déchets à Sochi (270.000 tonnes de déchets produits par an) et constate un manque d’infrastruture moderne de collecte, de tri et de valorisation des déchets. Et d’envisager la création d’une usine de tri des déchets sur le site de l’usine d’incinération de déchets anciens dans la région de Sochi Khosta, qui a été fermée en raison de préoccupations environnementales, sanitaires et hygiéniques. La capacité de la nouvelle usine est de 200.000 tonnes. L’installation comprend une partie recyclage des déchets domestiques solides et une partie compost des déchets organiques. Selon le rapport, un nouveau site d’enfouissement pour enterrer les parties non recyclables des déchets domestiques solides sera construite dans la région de Sochi Lazarevsky. La durée de vie du site de douze hectares est estimée à 15 ans.
Et de conclure :  »ces projets permettront de réduire considérablement le volume des ordures ménagères enfouies, de minimiser son impact sur l’environnement, et permettre le recyclage d’un maximum de 60-70 % des déchets (…). Organiser ces Jeux est une chance de résoudre les problèmes qui se sont accumulés ».
Simple déclaration de principe ou véritable volonté d’action ? En août dernier, Théodore Oben, chef de l’unité de sensibilisation du PNUE, semblait convaincu des bonnes intentions du comité d’organisation :  »je suis convaincu du succès de Sochi 2014 en matière de protection de l’environnement ». A suivre…

L’or noir de la blanche Arctique : le pétrole est arrivé plus tôt que prévu

par Andreï Fediachine (Novosti.RU)
 
 
La  fièvre pétrolière en Arctique pourrait se déclarer plut tôt que prévu. Elle serait accompagnée par les problèmes graves qui suivent toujours les déclarations du genre : « De nouveaux gisements de pétrole et de gaz ont été découverts ». La compagnie pétrolière britannique Cairn Energy a déclaré la semaine dernière que son forage d’essai avait mis en évidence la présence de pétrole et de gaz dans la mer de Beaufort, près des côtes du Groenland.

Elle devra présenter le bilan définitif de ses recherches sur le plateau seulement en octobre. On ne se demande plus s’il y a du pétrole au Groenland. La question est maintenant de savoir quand le pétrole jaillira.

Au début de la semaine prochaine, le bureau des minéraux et des hydrocarbures du Groenland devrait annoncer les autres compagnies qui ont remporté les appels d’offres pour le forage d’essai dans la mer de Beaufort. Des « enchères d’offre » supplémentaires seront organisées l’année prochaine et les troisièmes sont également prévues pour l’année d’après. Les principaux acteurs sur le marché pétrolier avec une grande expérience d’extraction dans les latitudes nord et dans l’océan sont déjà dans la file d’attente pour le droit de forage : les américains ExxonMobil et Chevron, la compagnie anglo-hollandaise Shell et le géant pétrolier et gazier norvégien StatOil.

Plusieurs facteurs nous montrent l’importance de la situation. Par exemple, Cairn Energy (dont le siège se situe à Edimbourg, elle est spécialisée dans le forage du plateau dans des conditions difficiles; son chiffre d’affaires annuel est d’environ 600 millions de dollars, le bénéfice net cette année s’évalue à près de 180 millions de dollars). Elle a déclaré qu’il n’y avait pas pour le moment de pétrole et de gaz à profusion. La compagnie n’est entrée que dans les couches de sables, riches en gaz thermogénique, premier signe de la présence d’hydrocarbures en grande quantité. En même temps, la compagnie a déclaré qu’elle mettait en vente la part majoritaire de sa filiale Cairn India (extraction et recherche de pétrole et de gaz en Inde et dans l’océan Indien) pour 9,6 milliards de dollars. Le contrat avec l’acheteur a déjà été signé. Cairn a l’intention d’utiliser toutes les recettes pour l’exploitation des hydrocarbures dans les régions arctiques de l’Atlantique et du Groenland.

Cairn possède déjà deux plateformes mobiles de forage dans la mer de Baffin, près des côtes ouest du Groenland, à 400 kilomètres au nord du cercle polaire, et s’apprête à forer quatre puits supplémentaires. Le coût de chaque forage d’essai s’élève à 100 millions de dollars. Il est clair qu’on ne plaisante pas avec de telles sommes.

Entre-temps, des « mini-conflits militaires » ont éclaté entre les écologistes de Greenpeace, les gardes-côtes, la marine de guerre et les polices du Danemark et du Groenland en mer de Baffin (le Groenland est un territoire d’outre-mer du Danemark). Le navire Espranza, le vaisseau amiral de la protection écologique de Greenpeace, s’est déjà avancé dans la région. Les autorités du Groenland avaient déjà instauré une zone exclusive autour de la plateforme de forage de Cairn Energy dans un rayon de 500 mètres. Mais le 31 août, certains activistes de Greenpeace ont réussi à franchir les cordons de sécurité et ont débarqué sur la plateforme de forage, dont le travail est interrompu jusqu’à présent.

Kuupik Kleist, le premier ministre du gouvernement autonome du Groenland, a déclaré que l’assaut est une violation flagrante des droits constitutionnels du Groenland, de sa souveraineté, la violation de toutes les libertés et des droits démocratiques, un scandale, une insolence etc. Globalement, il est probable que dans les mois ou les années à venir, le gouvernement du Groenland, misant apparemment sur les réserves de pétrole et de gaz, devienne l’ennemi numéro un de Greenpeace et des écologistes dans le monde entier.

Les Groenlandais ont toutes les raisons de manifester leur « indignation pétrolière » anti-écologique. La plus grande île du monde accueille 57 000 personnes qui vivent principalement grâce à la pêche et aux allocations annuelles de la métropole à hauteur d’environ 600 millions de dollars, ce qui représente 55% du budget groenlandais (0,75% du budget d’État du Danemark). Les petits frères du nord du Danemark (or, le territoire du Groenland pourrait accueillir une dizaine de royaumes danois) n’éprouvent plus depuis longtemps d’amour pour la mère-métropole. Ces trente dernières années ils tentent d’ « envoyer balader » Copenhague mais l’autonomie est tout ce qu’ils ont obtenu pour le moment. Ils espèrent que le pétrole leur rapportera suffisamment d’argent pour se séparer enfin des « usurpateurs » danois, d’en finir pour toujours avec leur « héritage colonial » et même vivre très agréablement grâce aux dollars du pétrole et du gaz. Le rêve est tout à fait clair : devenir un très grand Koweït au-delà du cercle polaire.

Les chances d’y arriver existent et sont même très bonnes.

Les recherches de la compagnie pétrolière écossaise qui a misé si courageusement son avenir sur les hydrocarbures du Groenland confirment toutes les prévisions de l’Institut d’études géologique des États-Unis (the United States Geological Survey). Il y a deux ans, il a commencé et il y a un an terminé les évaluations des réserves de « la reine des neiges ». D’ailleurs, des scientifiques russes, ainsi que les experts du Canada, du Danemark, du Groenland et de la Norvège ont également participé à ce travail. Selon les informations de l’Institut, on peut dire avec une certitude de 95% que les réserves de la région arctique constituent 90 milliards de barils de pétrole et 50 milliards de mètres cubes de gaz. Peut-être même plus. Quoi qu’il en soit, les américains affirment qu’en Arctique se trouvent 22% de toutes les réserves mondiales de minéraux, incluant 30% de gaz naturel et 13% de pétrole. Et si le pétrole se trouve majoritairement dans les parties du Groenland et de l’Alaska, le gaz devrait être concentré près ou dans le secteur arctique de la Russie.

Qu’il soit dit en passant, le 3 septembre, les brise-glace arctiques des services côtiers des États-Unis et du Canada partiront dans une nouvelle expédition de recherche et « d’arpentage ». Depuis le milieu de l’été l’expédition russe, chargée de la même mission, s’y trouve déjà. Les trois groupes s’occupent des études sismiques, des sondages, des recherches géologiques. Globalement, il est question de la préparation de la « démarcation » des frontières arctiques nationales sectorielles et d’une meilleure étude de ce qui se trouve sous la glace, les eaux et le fond. Et dans quelles quantités.

Le « partage » de l’Arctique devrait commencer très rapidement. «L’arpentage pétrolier » nécessite, bien sûr, beaucoup d’efforts et de dépenses mais ne souffre aucun délai.

Quant aux écologistes, ils sont surtout préoccupés, comme lors de chaque forage sur le plateau continental, par le danger sur l’environnement du dernier recoin vierge (ou presque) de la nature, l’Arctique. Et il n’est pas nécessaire d’aller chercher des exemples bien loin : les Américains n’ont pas encore définitivement remédié aux conséquences de la catastrophe écologique dans le golfe du Mexique causée par la plate-forme BP Deepwater Horizon. Près de 5 millions de barils de pétrole se sont écoulés dans les eaux de l’océan suite à l’accident. Les experts avertissent que les conséquences d’un déversement de pétrole en Arctique seraient bien plus graves que dans les eaux chaudes. L’eau froide est incapable de désagréger les hydrocarbures et leur vaporisation dans l’air glacé sera pratiquement bloquée. Tous les déchets iraient alors au fond et infecteraient l’océan pour de très nombreuses années.

Incendies en Russie : les risques nucléaires minimisés ?

Par Rachida Boughriet

Les incendies de forêts, qui sévissent depuis fin juillet en Russie, ont diminué d’intensité. Les autorités excluent tout risque de contamination radioactive alors que les parties prenantes dénoncent une rétention de l’information.

La canicule semble désormais toucher à sa fin en Russie faisant place aux orages. Des pluies qui s’avèrent être les bienvenues pour lutter contre les flammes qui ont fait à ce jour une cinquantaine de morts, d’après les autorités. Près d’un million d’hectares de forêts et tourbières ont été brûlés dans le pays depuis le début des incendies fin juillet. Des incendies qui, selon l’AFP, faisaient encore rage lundi 16 août, sur plus de 45.000 hectares notamment près de plusieurs sites nucléaires faisant redouter un risque d’accident. Des fumées toxiques planaient à nouveau dimanche dans la capitale russe avec pour conséquence un pic des concentrations en monoxyde de carbone, avant d’être dispersées hier par les vents.

Si les conditions climatiques sont en cause en Russie, de plus en plus de voix s’élèvent pour dire que les incendies sont dues à une mauvaise gestion des forêts. Le ministère des Situations d’urgence a annoncé ce 17 août que la surface des incendies a diminué ces dernières vingt-quatre heures passant de 45.800 à 22.700 hectares. Dans la région de Moscou, les feux ne s’étendraient plus que sur 33 hectares.

Une réelle menace ?

Les autorités ont aussi annoncé qu’elles réussissaient à venir à bout de l’incendie menaçant le centre nucléaire de Sarov, à 500 km à l’est de Moscou. L’un des responsables du ministère des Situations d’urgence, Igor Panchine, a réitéré toute absence de menaces pour le périmètre entourant le centre nucléaire et que  »la situation s’est stabilisée ». Les autorités russes démentent tout risque sanitaire liée à une pollution atmosphérique due aux particules radioactives générées par la combustion du bois. Dispersées par les vents, ces particules pourraient être inhalées par les populations. Les autorités ont aussi réaffirmé que le niveau de radiation dans le pays était  »normal ». De même qu’il  »n’y a pas de menace radioactive sur le territoire de Sarov », a assuré Sergueï Kirienko, le président du géant nucléaire russe Rosatom. Ce dernier a néanmoins reconnu que les matériaux sensibles avaient dû être évacués par deux fois du centre ces derniers jours.

Les autorités ont assuré que la situation était sous contrôle alors que les soupçons de censure enflent autour d’un risque nucléaire. D’autant que le site Internet de l’agence de surveillance des forêts, Roslesozachtchita, qui avait révélé que 4.000 hectares au total de territoires contaminés par des éléments radioactifs avaient brûlé en libérant des particules radioactives, est depuis vendredi inaccessible.

Si le danger semble notamment écarté, selon les autorités, autour du centre nucléaire de Sarov, dans la seule région de Byansk – particulièrement touchée par l’explosion de Tchernobyl en 1986 – pas moins de trois foyers d’incendie avaient été détectés, a observé l’organisation écologiste Greenpeace Russie. 270 hectares auraient brûlé dans la région de Briank, d’après l’agence de protection des forêts.
La situation resterait également préoccupante autour du centre de retraitement et de stockage de déchets nucléaires de Mayak. Le 13 août, l’organisation écologiste Réseau Sortir du nucléaire a alerté dans un communiqué  »d’un nouveau risque de contamination radioactive, lié à la sévère baisse des eaux dans la région contaminée de Mayak, touchée par la sécheresse et les incendies ». Pour Natalia Mironova, présidente de l’ONG russe Mouvement pour la Sûreté Nucléaire :  »Contre toute raison et au mépris des conséquences, les installations nucléaires de notre région continuent de déverser des déchets radioactifs dans des rivières et des lacs. Le centre d’assemblage de têtes nucléaires de Trekhgorny déverse ses déchets dans la rivière Yuryuzan. Le centre nucléaire de Snejinsk constitue une menace pour les lacs de Kasli. Quant au complexe de Mayak, il utilise quatre lacs comme site de stockage de déchets radioactifs à l’air libre : les lacs Karatchaï, Staroye Boloto, Kyzyltash et Tatysh ; il utilise également quatre des réservoirs de la cascade de Techenskom. Dans les chenaux qui bordent la cascade, comme dans les marais d’Asanovskie, les fuites sont potentiellement dangereuses, en particulier si le niveau de la nappe phréatique baisse ».

Ya-t-il un réel risque sanitaire ou faut-il croire le Kremlin ? Les écologistes pointent du doigt une censure. Le Réseau Sortir du nucléaire a pour sa part dénoncé  »la politique de déni des autorités russes et leur culture du secret, en particulier lorsqu’il s’agit de questions nucléaires. Il serait inconscient de prendre leurs affirmations rassurantes pour argent comptant ». A l’instar de l’ONG, la Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité (CRIIRAD) s’inquiète  »de l’absence totale de résultat d’analyse sur la Russie où le niveau de risque est bien entendu sans commune mesure. Cette opacité est d’autant plus préoccupante que les autorités russes disposent nécessairement de balises de surveillance de la radioactivité atmosphérique », a-t-elle souligné.

Pas de risques sanitaires, selon l’IRSN

Les experts russes et Greenpeace Russie se veulent toutefois plus rassurants. Les incendies dans les zones irradiées auraient conduit à une propagation minimale de la radioactivité et ne présenterait pas de danger sanitaire, selon eux. Une analyse que partage l’Institut français de Radioprotection et de Sûreté nucléaire (ISRN) :  »même si les territoires contaminés étaient touchés par les feux en Russie, la situation n’entraînerait pas de risques sanitaires pour la population, localement et dans les autres pays européens ».  »Une légère augmentation de la radioactivité due au césium 137 (particule radioactive ndlr) pourrait être mesurée dans l’environnement mais elle serait beaucoup plus faible que la radioactivité naturelle », conclut l’Institut le 12 août en soulignant que  »les résultats de telles mesures ne seraient pas disponibles avant plusieurs semaines après les événements ». Affaire à suivre…

Nanotechnology: On The Road To A High-Tech Russia

Par Alain Loréal (traduction)

 

La Russie a mis en place la première entreprise à produire des applications commercialisables de la nanotechnologie . L’évènement a été annoncé hier par Anatoli Tchoubaïs, chef de la direction de Rosnano et le vice-Premier ministre, Sergueï Ivanov. Les premiers éléments en provenance de ce projet de classe mondiale seront des  nano-outils en carbure pour utilisation dans le domaine de la fabrication de machines-outils.

La nanotechnologie, ou «nanotechnologie» (du grec Nanos nain =) traite de l’étude de la matière aux échelles atomique et moléculaire, à savoir 100 nanomètres (un milliardième de mètre) ou moins et les dispositifs afin de créer des outils ou  matières de cette taille. Les applications sont vastes, allant de l’élaboration de nouveaux matériaux et de composés, des extensions de la physique des particules, de l’application des auto-assemblage moléculaire, les mécanismes de contrôle sur la matière atomique. L’impact immédiat de cette recherche crée de nouvelles approches pour le domaine de la médecine (par exemple, en ciblant les tumeurs), des implications plus larges pour l’industrie électronique (produits de silicium) et des options nouvelles pour la production d’énergie (cellules photovoltaïques).

La nouvelle usine sera ouverte à Rybinsk, région de Yaroslavl. Elle sera géré par New Instrumental Solutions et le capital appartiendra à Rosnano (49,8%), Saturne et Gazprombank (25,1% chacun). Pour Anatoli Tchoubaïs, « D’un point de vue technique, le projet répond à l’échelle mondiale. Cette technologie, en raison de son efficacité et son niveau technique, sera en mesure de résoudre des problèmes non seulement pour pour les outils de coupe du métal , mais aussi pour d’autres types de produits « .

Promettant de développer une affaires modèle compétitive des grandes marques internationales, Tchoubaïs explique que la production de l’entreprise devrait atteindre 150.000 unités d’ici 2014 (pleine capacité), d’une valeur 1,275 milliards de roubles (40 millions USD) dans les ventes. L’investissement, selon le gouvernement régional de Yaroslavl, est d’un milliard de roubles (32,5 millions USD).

D’autres domaines dans lesquels est impliqué Rosnano:

La production d’ampoules à DEL, qui sont fondées sur les émissions de diodes et garantissent une longue durée de vie. L’usine est installée près de Saint-Pétersbourg et la Russie a l’intention d’éliminer progressivement la lumière à incandescence à ampoule complètement d’ici à 2014;

Le développement de médicaments anti-oxydant qui agissent contre le vieillissement grâce à l’emploi des ions biologiquement actifs. Les essais sur les animaux de laboratoire ont révélé  un succès spectaculaire des taux de longévité;

A Irkoutsk, Rosnano renforce sa production de silicium;

Une usine de Tchouvachie, sur la Haute Volga, produit des cellules photovoltaïques.

Rosnano a l’intention d’avoir plus de 100 unités de production ouverte en 2015 et est activement engagé dans plus de soixante projets de recherche et développement.

PRAVDA.Ru

GAZPROM livre à domicile !

Par Alain Loréal(D&E)

Sur le plan énergétique, l’europe dépend considérablement du gaz russe. Tout le monde se souvient des risques de pénurie nés à l’occasion du contentieux Russie/Ukraine. Ce gaz, la Russie compte nous le livrer quasiment à domicile en investissant massivement dans un projet de deux gazoducs contournant l’Ukraine et en concurrence avec le projet Européen « Nabucco ».

Ces deux projets, « Nord Stream » par la mer baltique et « south stream » par la mer noire sont un des projets politiques les plus ambitieux de l’ère Poutine et représentent un investissement de 25 milliards d’euros chacun. La construction du premier devrait démarrer en septembre 2011 pour être opérationnel courant 2012, quoiqu’aucune date n’ait précisèment été confirmée, le second pourrait se réaliser plus rapidement.

Vladimir Poutine a récemment rencontré Erdogan (Turquie) et Silvio Berlusconi (Italie) afin de discuter du projet « South Stream » et a déclaré  » Nous avons déja l’expérience de la construction d’un gazoduc sous la mer noire (Blue Stream) en direction de la Turquie ». Les projets sont supposés pomper 31 milliards de M3 d’asie centrale vers les Balkans et d’autres pays européens, en contournant l’Ukraine avec laquelle la Russie reste en conflit. Certains au Kremlin envisagent d’ailleurs une intervention armée en 2010 qui placerait au moins deux provinces ukrainienne sous protectorat russe…

La longueur sous-marine du projet « South Stream » est de 900 km et la construction pourrait être lancée fin 2012 pour une mise en service courant 2015. La coordination avec les états traversés (Bulgarie, Serbie, Hongrie, Grèce et probablement Slovénie, Autriche et Italie), la recherche des entreprises et fournisseurs de tubes n’est pas totalement bouclée mais devrait bénéficier d’une « priorité » par rapport au projet « North stream »  pour lequel des désaccords subsistent en particulier avec la Suède.

Gazprom n’a pas détaillé le plan de financement du projet « South Stream »  quoiqu’il sera certainement identique à celui de « North Stream », c’est à dire 30% sur fonds propres et 70% sur emprunts garantis par l’Etat. (La Russie vient d’être classée AAA par les agences de notation). A noter que la France a signé un accord le 27 novembre dernier à Rambouillet avec Poutine pour participer (Via EDF et l’Italien ENI) au projet « South Stream ».

EDF s’est, par ailleurs aussi engagé sur le projet « North Stream ».

Données à partir de « La Pravda », « Novosti » et « Vedomosti »

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