Revue de presse : Lettre ouverte de Jacques Sapir à François Hollande

Dans Marianne

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Extraits :

Dans le cas – très probable selon eux – où François Hollande serait le prochain président de la République, cinq économistes prennent les devants et lui adressent ici une lettre. «Vous continuez de vous placer sur le terrain de votre adversaire […] validant dans les faits les plans de rigueur », accusent-ils. Mauvaise stratégie!

Tout laisse à penser que vous affronterez au second tour de cette élection le président sortant, Nicolas Sarkozy. Dans le même temps, l’abstention monte dans les sondages. Cela vous inquiète à juste titre.

Le choix de millions de Français va se faire entre deux candidats qui ne sont pas ceux auxquels iraient spontanément la sympathie des électeurs, ni nos engagements ou nos convictions. Ceci explique cela.

La situation économique et financière aujourd’hui semble s’être améliorée depuis la tempête de décembre dernier. Mais, cette accalmie n’est que temporaire et conjoncturelle. Déjà, les différents indicateurs passent les uns après les autres au rouge. Les taux se tendent à nouveau sur l’Espagne et l’Italie. La Grèce est au bord du gouffre et le Portugal est dans une situation critique. Quant à la France, elle a retrouvé l’écart de taux d’intérêts avec l’Allemagne qu’elle avait avant la création de l’Euro. Soyez en convaincu, monsieur François Hollande, nous allons connaître de graves problèmes économiques dans les prochains mois. La crise de l’Euro n’est pas finie, bien au contraire.

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(François Hollande – CHAMUSSY/SIPA)

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Les relations entre les États de l’Union européenne, et de la zone Euro, sont régies par les rapports de force. On peut le regretter ; il nous faut le constater.

Si vous voulez imposer dans ce traité des clauses qui soient réellement efficaces et non de pure forme, il faudra les imposer aux gouvernants de plusieurs pays, dont l’Allemagne. Ainsi, on pourrait penser à l’émission d’un grand emprunt de plusieurs centaines de milliards d’Euro – gagé sur l’argent mis en réserve dans le MES – pour relancer la croissance dans les pays qui sont aujourd’hui étranglés par une rigueur assassine (la Grèce, le Portugal et l’Espagne). De même, un programme de grands travaux d’infrastructures, destiné à financer la transition vers une économie respectueuse de l’environnement, réconciliée avec la diversité humaine et naturelle, avec la robustesse des territoires et la résilience des sociétés européennes, s’impose. Ces mesures pourraient faire en sorte que la zone Euro – dont la croissance a été particulièrement faible depuis dix ans – retrouve rapidement le chemin de la prospérité. À chaque fois il vous faudra construire ce rapport de force et construire une crédibilité qui impressionne nos partenaires et ne leur fasse pas douter de la résolution de la France à imposer cette politique. Cette crédibilité, vous ne pourrez la construire que sur la légitimité d’un vote populaire.

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Actualité

La cour des comptes épingle l’opacité de la filière nucléaire

Dans un rapport à paraître le 31 janvier, la Cour des comptes s’interroge sur les coûts de la filière nucléaire française. D’après une version non définitive évoquée par La Tribune, la Cour évoque le montant des investissements consacrés depuis l’origine du programme, il y a cinquante ans (227,8 milliards d’euros), dont 96 milliards pour la construction du parc nucléaire (soit 1,5 milliard d’euros par mégawatt installé, contre 3,7 milliards le mégawatt pour l’EPR, souligne la Cour).Ce rapport se penche aussi sur les investissements qu’il faudra réaliser pour le démantèlement et la gestion des déchets. Les charges liées au démantèlement sont estimées à 22,2 milliards d’euros, indique La Tribune. La Cour des comptes rappelle que les devis ont tendance à déraper et que les comparaisons internationales (60 milliards d’euros pour le démantèlement de 11 centrales britanniques) donnent des résultats supérieurs à ceux envisagés par EDF. La cour demande à l’opérateur de changer sa méthode de calcul des provisions à réaliser pour le démantèlement. Le quotidien rappelle que « les réacteurs précédemment stoppés appartenaient à une autre technique (graphite-gaz), les méthodes ne sont donc pas comparables. Les coûts non plus ». Quant au montant des provisions à réaliser pour la gestion des déchets, il est passé de 15 à 35 milliards d’euros.

TVA sociale une majorité de Français plutôt opposés 

55% des Français sont opposés à la TVA sociale contre 43% qui y sont favorables selon une enquête Challenge/BVA/ BFM Radio.

Cette mesure est très clivante entre la gauche et droite , elle est en effet rejetée par 73% des sympathisants de gauche et approuvée par 72% des électeurs de droite.

54% des français contre la suppression des 35 heures ( Blog)

Selon une enquête exclusive BVA-BFM-Challenges-Avanquest réalisée les 7 et 8 janvier dernier auprès d’un échantillon représentatif de 1003 personnes, les Français y restent attachés. A la question « certains pensent que pour améliorer la compétitivité de la France il faudrait supprimer les 35 heures; vous personnellement, êtes-vous d’accord ou pas avec cette opinion? », ils ne sont que 34% à répondre positivement (54% ne sont pas d’accord, et 12% de savent pas). La question est très clivante politiquement. Les électeurs de droite sont 62% à être pour la suppression des 35 heures, alors que ceux de gauche sont 77% a être contre.

Les salariés français à temps plein travaillent moins mais ils ont une meilleure productivité 
1 679 heures : c’est la durée moyenne de travail à temps plein d’un salarié français en 2010, selon une étude de l’institut économique français COE-Rexecode, publiée mercredi 11 janvier. C’est la plus faible de l’Union européenne, selon cette enquête qui se base sur des données comparables fournies par Eurostat, selon cette étude  les salariés français ont travaillé 225
Cependant, l’enquête « élimine ceux n’ayant pas du tout travaillé (congé, maladie..) », signalent et ne prend en compte que les heures effectuée par les salariés à temps plein. Or les salariés à temps partiel sont plus nombreux en Allemagne. Dans le même sens, les travailleurs indépendants français ont, eux, une durée moyenne de travail parmi les plus importantes d’Europe des 27 avec l’Allemagne et l’Autriche, note par ailleurs COE-Rexecode.
En refaisant un calcul basé sur les données individuelles de chaque pays fournies par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), « les Français ont travaillé en moyenne 1 562 heures en 2010, plus que les Allemands (1419 heures) et moins que les Britanniques (1 647 heures) ».
Les Français restent néanmoins plus productifs que les Allemands. Selon Eurostat, « la productivité horaire est de 133,5 en France (sur une base 100 = moyenne européenne) contre 123,9 en Allemagne », note L’Expansion.

Revue de web: la TVA sociale

TVA sociale: le retour de la vengeance

Slate.fr

Après avoir été recalée en 2007, la TVA sociale revient en force. Elle serait accompagnée d’une baisse des cotisations sociales pour soutenir les entreprises. Seul problème… le pouvoir d’achat va souffrir.

Extrait :

… « Certes, le gouvernement a toujours affirmé qu’il n’était pas question d’augmenter la TVA. Mais un artifice de communication reste toujours possible. Ainsi, Matignon prend bien soin de préciser, sur son site, qu’une TVA «sociale» doit être perçue comme une compensation: «au lieu d’être financée par des cotisations pesant sur les salaires, une partie des prestations sociales serait financée par de la TVA, prélevée sur la consommation». » Lire la suite…

La règle est d’or mais l’étalon n’est pas le même d’un pays à l’autre

Par Dominique Guizien

Depuis plus d’un an, les rigoristes budgétaires n’ont plus que cette expression à la bouche « la règle d’or ». Voilà une merveilleuse invention sémantique. En parlant de la règle, on pense aussitôt au mètre étalon, déposé au Pavillon de Breteuil, c’est-à-dire quelque chose d’intangible, d’immuable et qu’on ne peut trangresser. Et qui plus est, cette régle est en or, ce métal à la fois précieux et magique, tellement magique même qu’il fut lui aussi l’étalon du système monétaire. On joue donc sur toutes les ressources de l’imaginaire collectif auquel j’aurai pu rajouter cette image  « règle »= « baguette » qui ne peut être que magique.

On est donc complètement sorti de la rationalité pour rentrer dans le discours fantasmatique. Qu’en est-il ailleurs ? Regardons chez les fondateurs de ce principe d’orthodoxie budgétaires, les Suisses et les Allemands !

Ils ne parlent pas de règle d’or mais ils utilisent la même expression pour en parler « Schuldenbremse » , c’est-à-dire « frein de la dette ». C’est moins poétique mais c’est plus parlant, car enfin ce système que nos dirigeants rigoristes nationaux et européens veulent nous imposer, ce n’est ni plus ni moins qu’un mécanisme pluri-annuel de réduction des déficits publics .

Dès lors, on se demande pourquoi il est nécessaire d’en faire tout un débat national. Ce débat a déjà eu lieu mais dans un autre cadre. Lors du référendum sur le Traité de Maastricht, pas le référendum de 2005, le premier, celui qui donna une réponse positive de justesse, ceux qui ont eu le courage de lire les deux cents et quelques pages du traité ont vu qu’il était inscrit dans le marbre que les déficits publics des états ne devaient pas dépasser un seuil annuel fixé en pourcentage du PIB et que l’endettement public ne devait pas lui non plus dépasser un autre pourcentage du PIB. C’est ce qui a été popularisé par l’expression « critères de Maastricht ».

Partie intégrante du Traité, ces mesures ont une valeur juridique supérieure à la Constitution Nationale, dès lors qu’elles ne sont pas contraires aux principes énoncés dans ladite Constitution.

Il n’est donc pas nécessaire de vouloir introduire dans la Constitution des mesures plus contraignantes surtout si nos partenaires n’en font pas autant simultanément.

Or les Allemands ont bien voté un frein à l’endettement mais il ne s’appliquera qu’à partir de 2016, les Espagnols ont voté ce qu’ils appelé une règle d’or mais pour eux c’était vital car ils avaient besoin de rassurer ABSOLUMENT les financiers, les Portugais qui sont dans le même situation en ont fait autant, les Italiens qui n’en sont pas loin ont promis de le faire, les Irlandais qui pourtant ne sont pas dans une situation meilleure que les Ibériques n’ont rien fait , les Autrichiens ont refusé de voter une telle mesure.La Pologne a inscrit l’équilibre budgétaire dans sa Constitution mais c’était juste après la décommunisation  et elle pensait bien faire en donnant des gages aux économistes ultra-libéraux de l’école de Chicago qui peuplaient (qui peuplent encore ?) le FMI et la Banque Mondiale.

Pour en revenir à la France, on aurait pu commencer par respecter les propres règles que nous avions édictées. Dans la foulée de la mise en place de la loi organique relative aux lois de finances (la fameuse LOLF), le ministère des Finances a réussi à imposé les “triennaux”, c’est à dire des lois triennales de programmation des lois de finances. On en est au deuxième cycle triennal et le moins qu’on puisse dire est que le gouvernement actuel ne s’est jamais vraiment senti contraint par  ces « trajectoires budgétaires »Pour en rester à la France, on aurait pu commencer par éviter de creuser artificiellement  les déficits en multipliant les cadeaux fiscaux. Il eut été courageux de reconnaître que certains étaient de réelles erreurs stratégiques et il se serait grandi de les remettre en cause. Certes, cela ne représente qu’un partie du déficit structurel mais 12 à 14 milliards par an, cela fait pour reprendre l’arithmétique un peu particulière du chef du gouvernement, 480 à 560 milliards sur 40 ans.

Revenons déjà à l’application des règles du Traité Européen, gardons la possibilité d’avoir une action budgétaire contracyclique et améliorons le traité européen lui-même en fixant une règle d’équilibre sur un cycle économique et en affinant peut-être les critères , la référence au PIB n’étant peut-être par ce qu’il y a de plus judicieux.

Pour illustrer cette dernière remarque, je voudrais juste souligner un point : en 2012, le déficit public représentera  3.7% du PIB, ce qui paraît somme toute redevenu raisonnable mais ces 77 milliards représenteront quand même plus de 1/5° des dépenses, ce qui est pour le coup totalement déraisonnable d’autant plus qu’il ne s’agit pas de financer des dépenses d’investissement

Pour 100 milliards d’€, t’as plus rien…

Par  (Economie & Société)

Les autorités européennes n’en finissent pas d’avancer des chiffres sortis de nulle part. Le dernier en date est 108 milliards d’euros. Ce serait la somme nécessaire pour recapitaliser les banques européennes. On est donc loin des 200 milliards évoqués fin août par le FMI.

Une méthodologie controversée

Comme d’habitude la méthodologie utilisée peut laisser sceptique. Ainsi, le choix d’appliquer une valorisation à la valeur de marché (« mark to market ») de toutes les dettes souveraines européennes a provoqué, le mécontentement de nombreux pays. Et pour cause, les banques des pays où les dettes publiques ont une valeur aujourd’hui supérieure à celle inscrite dans leurs livres se retrouvent favorisées. C’est le cas notamment des banques allemandes, banques scandinaves ou britanniques.

Les autorités européennes ont finalement prévu deux options de calcul. Soit les banques valorisent leurs dettes souveraines en « mark to market » et doivent donc atteindre, comme prévu, un ratio de fonds propres de 9 % d’ici mi-2012, soit elles doivent respecter, à la même date, un ratio plus élevé (9,5 %). C’est sans aucun doute cette dernière stratégie qui sera choisie par les banques grecques ou italiennes dont la dette publique est particulièrement dépréciée. Lire la suite

L’Europe devra se serrer la ceinture longtemps

D’après AFP

La zone euro pourrait devoir imposer une politique d’austérité sur le long terme, face à l’accroissement de sa dette publique et au vieillissement de sa population, avertit mardi l’Union européenne dans un rapport trimestriel sur les 17 pays de l’Union monétaire.

« Il est clair que pour mettre un frein à l’accroissement de la dette et assurer la soutenabilité des finances publiques, de nombreux pays de la zone euro vont devoir mettre en place des mesures d’austérité permanente, en plus de celles déjà adoptées », indique la Commission européenne dans ce rapport.

« La détérioration des finances publiques de la zone euro depuis le début de la crise financière survient alors que les niveaux de dette publique étaient déjà élevés », rappelle Bruxelles.

À cette toile de fond s’ajoute la question du vieillissement de la population, souligne le document, avant de conclure que « sans nouvelles mesures d’austérité, la dette publique devrait dépasser les 100% du PIB dans les 15 années à venir et continuer à croître ».

Bruxelles recommande donc des mesures draconiennes afin que l’Union monétaire rende sa dette soutenable.

Cet appel en faveur de plus d’austérité va à l’encontre des recommandations du Fonds monétaire international (FMI) qui, tout en pressant la zone euro de trouver une solution face à la crise, craint qu’elle ne casse sa croissance. D’autant plus que les risques de retour en récession augmentent.

Le FMI a estimé la semaine passée qu’il était « plus que temps » que la zone euro trouve une solution durable à la crise de la dette, face à un risque de récession en 2012.

Pour autant, « vouloir atteindre des cibles chiffrées en matière de déficit ne doit pas se faire au risque d’une contraction à grande échelle de l’activité économique », ajoutait l’institution de Washington dans un rapport rendu public

Le taux de taxes sur les PME est de 65% en France !

D’après PWC

Le cabinet de conseil PWC vient de publier, en collaboration avec la Banque Mondiale, une étude instructive mesurant le niveau des taxes pesant sur les entreprises moyennes, et les tracasseries administratives liées à leur paiement. Pour cela, trois indicateurs ont été utilisés : le taux de taxes total, le temps nécessaire pour s’en acquitter, et le nombre de paiements différents nécessaires. En règle générale, les pays les plus riches sont ceux où les taxes pesant sur les entreprises sont les plus faibles, et où la bureaucratie se fait le moins ressentir, notamment grâce la « numérisation » avancée des échanges entre les entreprises et les administrations.

Pour mesurer le taux de taxes total, les experts de PWC ont calculé l’ensemble des prélèvements obligatoires qui impactent une entreprise « standard » de 60 employés au cours d’une année donnée. Autrement dit, les chiffres avancés concernent davantage les PME, qui concentrent la majorité des emplois en France, que les grandes entreprises tant décriées.

A travers la comparaison européenne ci-dessous, vous pouvez voir que la France a le second taux de taxes le plus élevé, juste après l’Italie. Avec un taux de taxes de 65,8%, la France fait peser sur ses petites et moyennes entreprises un fardeau fiscal nettement supérieur à la moyenne européenne (44,2%) et à la moyenne mondiale (47,8%). Par ailleurs, on peut noter également le caractère atypique des prélèvements, puisque la France est le pays de l’UE qui taxe le plus le travail, et l’un de ceux qui taxent le moins les profits.

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