Une Charte de l’Investissement socialement responsable (IRS)

Nous avons reçu le dernier numéro de « La Lettre pour un durable équitable » publiée par Sophia Stamoulis.

En voici un  extrait :

Face à la grave crise financière que nous traversons les acteurs économique sont dans l’obligation de réfléchir et de faire des proposition pour éviter l’effondrement de l’Économie et du système. La charte de l’Investissement responsable est une base de réflexion autour des questions financières.

« La crise pose la question du rôle et du mode de fonctionnement des marchés financiers et de leur contribution à l’économie réelle. C’est pourquoi, il est plus que jamais nécessaire de s’interroger sur les moyens de renforcer la contribution de la finance au développement durable et d’obtenir une meilleure prise en compte du long terme par les marchés financiers.

L’investissement Socialement Responsable (ISR) et la Responsabilité Sociale/Sociétale des Entreprises (RSE) sont à même de faciliter cette transition. La prise en compte des enjeux environnementaux, sociaux, et de gouvernance dans la conduite des activités influence, en effet, positivement, sur le moyen et le long terme, la performance des entreprises autant que la sécurité et la rentabilités des investissements. Conscients de ces enjeux, les acteurs de la Place de Paris se sont engagés, dès 2009, à travers la signature d’une Charte de l’Investissement Responsable (IR), articulée autour de 3 objectifs (…)

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http://www.fichier-pdf.fr/2012/07/31/lettre-n-2-stamoulis/

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Semaine de l’investissement responsable : les critères « extra-financiers » ont le vent en poupe

Par Agnès Sinaï (Actu-Environnement)

Même si la part des encours ISR reste modeste (environ 3% de la gestion en France), le marché ne cesse de croître depuis les années 2000. Entre 2008 et 2009, il a connu une hausse de 70%, selon Novethic.

L’investissement socialement responsable est la réponse des marchés financiers aux enjeux du développement durable. Concrètement, il s’agit d’appliquer une analyse environnementale, sociale et de gouvernance en plus des critères financiers habituels dans la décision d’investissement. Lorsqu’on parle d’investissement socialement responsable (ISR), c’est généralement pour désigner les fonds distribués dans les réseaux bancaires qui intègrent dans leur sélection d’actions des critères environnementaux, sociétaux et de gouvernance.

Mais une nouvelle tendance s’affirme depuis 2006 : les grands investisseurs institutionnels que sont les fonds de pension, les assureurs et réassureurs, les fonds de réserve ou autres investisseurs institutionnels publics manifestent un intérêt croissant pour ces critères dits extra-financiers. Pourquoi ce soudain engouement ? Pression des ONG ? Recherche de bonne conscience face à la montée des préoccupations de l’opinion sur l’avenir de la planète ? Aspiration des bénéficiaires à changer le monde ?

La réponse est à rechercher du côté de la logique économique elle-même. La conviction est de plus en plus partagée sur le fait que les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance ont un impact sur la performance économique des entreprises. Les atteintes à l’environnement et la perspective d’une hausse du prix des énergies fossiles, de même que les risques réputationnels liés aux questions éthiques ou sociétales ne sont pas sans conséquences financières pour les entreprises.

C’est ce que confirme Peter Michaelis, responsable chez Aviva Investors de la gestion IDR (« Investissement durable et responsable »), qui constate qu’au cours des 20 dernières années,  »les difficultés d’entreprises comme Enron, General Motors, Parmalat, Lehman, BP ont été liées à des enjeux de gouvernance et à des enjeux sociaux et environnementaux. En revanche, les entreprises qui agissent dans l’intérêt public affichent de meilleures performances à long terme. C’est toute la différence entre Lehman et HSBC par exemple. »

Le changement climatique illustre l’évolution de la prise de conscience. Sujet de controverse entre scientifiques il y a quelques années, il est devenu une thématique économique majeure. Les émissions de gaz à effet de serre ont désormais un prix, qui affecte potentiellement le cours des actions des entreprises concernées par le système européen d’allocation de quotas. Les assureurs et réassureurs sont déjà confrontés à la multiplication de phénomènes climatiques extrêmes.

Il en résulte que l’intégration des critères ESG (Environnement, Social, Gouvernance) dans la gestion financière se développe. La prise en compte des questions sociales et environnementales se manifeste fortement dans le paysage français de l’ISR. Entre fin 2008 et fin 2009, le marché ISR des résidents français est passé de 30 milliards d’euros à près de 51 milliards d’euros, soit une croissance de +70%, bien supérieure à celle des années précédentes (+37% en 2008, +30% en 2007), selon une enquête de Novethic. De nouveaux acteurs comme les gestionnaires d’actifs immobiliers ou les spécialistes de l’investissement dans les entreprises non cotées commencent à mettre en place des grilles d’analyse extra-financière.

Une appellation controversée

C’est le cas d’Aviva Investors, qui a diversifié sa gamme de stratégies en matière d’ISR, selon une grille de critères liés à la nature de la production et à la qualité du management. Aviva Investors estime par exemple devoir attirer ses portefeuilles vers des entreprises telles que Teva, fabricant de médicaments génériques, ou le fabricant de pneus Michelin, qui va commercialiser des pneus à haute efficacité énergétique en 2012.

Pour le moment, les portefeuilles ISR représentent moins de 5% des activités d’Aviva Investors, mais le secteur est appelé à croître. Aviva Investors a annoncé le 13 septembre qu’une coalition d’investisseurs responsables allait écrire aux directeurs des autorités de cotation et des bourses pour réclamer l’intégration du reporting développement durable aux règles de cotation. L’objectif de cette initiative collective est de promouvoir un environnement boursier qui oblige les entreprises à évaluer le caractère plus ou moins responsable de leur modèle et qui les encourage à soumettre au vote de leur assemblée générale une stratégie volontariste en matière de développement durable.

Les Amis de la Terre ont étudié la composition des fonds ISR labellisés par Novethic en 2009. Parmi les 89 fonds analysés, pas moins de 71 contiennent dans leurs portefeuilles d’actifs au moins une des 15 entreprises controversées sélectionnées par les Amis de la Terre pour leurs pratiques sociales et environnementales critiquables : Total, BP, Areva, France Télécom, BNP Paribas, AXA, etc. Pour Soisic Rivoalan, rédactrice du rapport,  »l’appellation « ISR » est totalement illégitime pour une immense majorité des produits d’épargne ainsi nommés par les banques et les assurances elles-mêmes ».

Afin de guider les épargnants, les Amis de la Terre publient un guide éco-citoyen « Environnement : comment choisir mon épargne ? »1.  »Plutôt que d’investir en bourse, les Amis de la Terre conseillent aux épargnants les investissements solidaires, aux garanties sociales et environnementales nettement supérieures à celles de l’ISR », conclut Yann Louvel, en charge de la campagne sur la responsabilité des acteurs financiers privés aux Amis de la Terre.

Val d’Argent (Haut-Rhin) : Sauvetage du dernier atelier textile

Par Johannes Braun (Développement Durable)

Placé en liquidation judiciaire début 2010, l’atelier de tissage de Sainte-Marie aux Mines (Haut-Rhin) a été sauvé par l’alliance de la municipalité, de la Communauté de communes du Val d’Argent, des salariés de l’entreprise et d’une banque. Une société d’économie mixte a été créée pour concrétiser cette union originale qui vise à pérenniser une tradition textile locale vieille de plus de 250 ans.

Dernier atelier textile de la Vallée de Sainte-Marie aux Mines, la société Création Tissus du Val d’Argent revient de loin. Née en 2004, après la fermeture de l’atelier Edler et Lepavec, l’entreprise se trouvait en liquidation judiciaire depuis février 2010. La Commune de Sainte-Marie aux Mines et la Communauté de communes du Val d’Argent décident alors d’unir leurs forces pour faire survivre la tradition textile du territoire. Après une première offre de rachat refusée par le tribunal de commerce, une seconde offre, portant sur la création d’une société d’économie mixte associant les deux collectivités aux anciens salariés est acceptée par le liquidateur. Une union qui a permis, selon le président de la nouvelle société Jean-Luc Fréchard, de « redonner confiance aux banques » pour relancer la machine.

De nouveaux marchés

L’atelier a pu ainsi reprendre son activité avec une nouvelle dynamique. La stratégie est désormais de diversifier les débouchés pour multiplier les marchés. « Nous cherchons à trouver des niches pour pérenniser ce savoir-faire qui fait partie de notre patrimoine » explique Jean-Luc Fréchard. En plus de l’habillement, qui constituait jusque-là l’essentiel de sa clientèle, la société se tourne aujourd’hui vers le tissu d’ameublement, secteur qui assure – contrairement à la haute couture – des commandes plus importantes et donc plus rentables. La remise en route d’un métier Jacquart a par ailleurs ouvert des possibilités de tissages plus complexes, permettant de séduire de nouveaux clients, notamment à travers la production de tissus Moyen-Âge à destination des troupes de théâtre et des animations touristiques.
Dans les mois à venir, l’atelier envisage d’accroître sa visibilité en participant plus régulièrement à des salons à la fois dans le domaine de l’habillement et dans celui de l’ameublement. Dans la même logique, la boutique d’usine de Sainte-Marie aux Mines sera prochainement agrandie tandis qu’un second magasin devrait voir le jour à proximité du musée du textile du Parc de Wesserling.

l’Investissement Socialement Responsable (ISR)

Le marché de l’ISR a connu en 2008 des évolutions significatives : forte augmentation des encours (+37% en un an*), diversification de l’offre ISR…sous l’effet de la montée en puissance des investisseurs institutionnels. Dans le même temps, les encours détenus par la clientèle de particuliers ont reculé. Celle-ci, tout en manifestant un intérêt croissant pour cette forme de placement, attend de son intermédiaire financier d’être mieux informée.

Cette évolution contrastée au moment où la crise économique et financière interroge sur la place de la finance responsable, a amené l’ORSE à réaliser, dans le cadre de son Club Finance, un recensement des bonnes pratiques développées en France et à l’étranger par les établissements financiers pour promouvoir plus largement l’ISR auprès des clients.

Ce recensement, qui rejoint la volonté des pouvoirs publics exprimée par l’article 53 de la loi du
3 aout 2009, a débouché sur la publication d’un guide pratique présentant un large éventail d’idées, de techniques et leviers d’action.

Parmi les bonnes pratiques identifiées, citons :

• La nécessité de mieux intégrer les attentes des clients dans la définition de l’offre ISR 

• Une communication plus transparente auprès des différentes catégories d’investisseurs pour mieux les informer et leur donner confiance

• Un effort de sensibilisation et de formation à renforcer auprès de l’ensemble des acteurs au sein des établissements financiers et notamment des réseaux de distribution.

Une conférence de lancement est organisée  avec le soutien du Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de la Mer et en partenariat avec Paris EUROPLACE qui a fait de la finance responsable un des axes stratégiques de réponse face à la crise, l’AFG (Association Française de la Gestion financière), le FIR (Forum pour l’Investissement Responsable) et Novethic.
Pour Daniel Lebègue, président de l’ORSE « L’ISR est un moyen pour les acteurs de la finance d’afficher concrètement leur engagement en matière de RSE et peut constituer un levier pour resserrer les liens de confiance avec leurs clients et plus largement avec l’opinion publique que la crise économique et financière a mis à mal. »

 

ORSE

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